Communiqué de presse sur la situation au Zimbabwe

    La Rapporteure Spéciale de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) sur les Défenseurs des Droits de L’Homme en Afrique, Me Reine Alapini-Gansou exprime sa profonde inquiétude suite aux informations selon lesquelles des actes de violences auraient dirigés contre les Défenseurs des Droits de l’Homme au Zimbabwe.

    Elle exprime une inquiétude particulière suites aux rapports indiquant que des actes de violence et de harcèlement seraient exercés á l’encontre d’un certain nombre de femmes défenseurs des droits humains de l’organisation Women of Zimbabwe Arise (WOZA). Mme Jenni Williams, Coordinatrice National de WOZA et Mme Magodonga Mahlangu un autre dirigeant de WOZA seraient parmi les victimes.

    La Rapporteure Spéciale accueille favorablement la mise en liberté sous caution de Mme Jenni Williams et Mme Magodonga Mahlangu. En effet, selon les informations reçues, ces dernières se seraient volontairement rendue pour être arrêtées le 6 Juin 2007 a la suite d’une marche pacifique et silencieuse que presque 200 membres de WOZA auraient décidé d'entreprendre a Bulawayo et ce pour lancer une campagne appelée « Dix étapes vers un nouveau Zimbabwe ». La marche aurait également pour but d'exprimer leur inquiétude relativement a l’exclusion de la société civile Zimbabwéenne au dialogue en cours initié par la Communauté de Développement Sud-Africaine (SADC) entre le Front Patriotique Africain de l’Union Nationale du Zimbabwe (Zanu PF) et le Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC), dialogue dans lequel, le Président M. Thabo Mbeki de l’Afrique du Sud est le médiateur.

    Il a été rapporté que les participants á la marche auraient été violemment dispersés par la police anti-émeute. Ainsi, Rosemary Sibiza, Angeline Karuru, Martha Ncube, Sangeliso Dhlamini et Pretty Moyo, cinq membres de WOZA qui auraient été non seulement battus a coup de bâton, ont été aussi arrêtés et retenus à la Police Centrale de Bulawayo. Selon les mêmes sources, un autre groupe composé d’environ 100 femmes informées de la situation et qui se seraient volontairement rendues au poste de police et ce sous la direction de Mme Jenni Williams auraient fait l’objet d’attaque de la part des officiers de police avant de mettre sous arrêt Mme Jenni Williams et Mme Magodonga Mahlangu.

    Il a été par ailleurs porté à la connaissance de la Rapporteure Spéciale que le 9 Juin 2007, Mme Jenni Williams et Mme Magodonga Mahlangu auraient été emmenées au Tribunal elles auraient été inculpées pour « participation à un rassemblement avec l'intention de promouvoir la violence publique, les atteintes à l'ordre public ou l'intolérance ». . Elles auraient été mises en liberté sous une caution de $100.000 et leur affaire renvoyée au 18 Juin 2007.

    La Rapporteure Spéciale a aussi des informations selon lesquelles, suite a l’arrestation des membres de WOZA, M. Kossam Ncube, avocat et membre des Avocats de Zimbabwe pour les Droits Humains (ZLHR), aurait fait l’objet de violances verbales et physiques au poste de police où il se serait rendu pour l’assistance des membres de WOZA. L’accès à ses clients lui aurait été encore refuse le 7 juin, 2007.

    Les sources font également état de ce que le 8 Juin, 2007, Mmes Sibiza Rosemary, Angeline Karuru, Martha Ncube, Sangeliso Dhlamini et Pretty Moyo auraient été inculpées puis emmenées au tribunal le même jour pour être libérées sans avoir vu le juge .

    La Rapporteure Spéciale exprime sa profonde inquiétude face à cette situation qui ne peut être interprêtée que comme des actes, de harcèlement contre les défenseurs des droits humains au Zimbabwé. En effet, si cette situation s’avérait vraie, elle serait de la part des autorités Zimbabwéennes un moyen pour empêcher ces défenseurs d'exercer leurs activités légitimes de défenseurs des droits humains.

    Le Rapporteur Spéciale en appelle aux autorités de Zimbabwe afin qu’elles prennent toutes mesures nécessaires pour garantir aux défenseurs de droits humains aux Zimbabwe la liberté requise dans l’exécution de leur mission Le gouvernement du Zimbabwe devrait assurer l'intégrité physique et psychologique de tous défenseurs de droits humains, et plus particulièrement des membres de ‘Women of Zimbabwe Arise’ et ‘Men of Zimbabwe Arise’.

    La Rapporteure Spéciale rappelle au Gouvernement du Zimbabwe ses responsabilités vis-à-vis de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, en particulièrement en ses articles 1, 2, 5, 6, 7, 10.1 and 11;  au titre de la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des Droits de l’Homme, et plus particulièrement en ses articles 1 et 12.2. La Rapporteure Spéciale invite le gouvernement Zimbabwéen à respecter les obligations contenues dans les Déclarations de la Grande Baie et de Kigali, ainsi que d’autres instruments Internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par le Zimbabwe.

     


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