Déclaration de la Rapporteure spéciale sur les Réfugiés, les Demandeurs d’asile, les Personnes déplacées et les Migrants en Afrique, à l’occasion de la Célébration de la Journée internationale des migrants

    Depuis près de trois (03) ans, la question de la migration et la situation des migrants sont au cœur de toutes les préoccupations. Le continent africain a été particulièrement touché par les conséquences de ce phénomène, dont les proportions s’accroissent de plus en plus. Au cours de cette année la situation des migrants a particulièrement été au centre de l’actualité mondiale et sous régionale africaine en particulier. Alors que l’Union Africaine et les Nations Unies ont engagé des processus visant à un meilleur traitement des migrants pour le respect de leur dignité, la situation actuelle en Libye avec le trafic d’êtres humains dont sont victimes les migrants, semble remettre en cause ses efforts.

    La crise des migrants en Libye, met en exergue l’urgence pour les pays africains d’agir, notamment par la mise en œuvre des engagements pris quant à la situation des migrants, notamment  par la mise en œuvre de la Position Africaine Commune sur l’efficacité humanitaire (PAC), et la création de l’Agence Humanitaire Africaine en charge de la mise en œuvre du programme d’action humanitaire continentale, à l’endroit des déplacements forcés y compris le problème de la migration.

    En cette journée internationale des migrants, la Rapporteure spéciale sur les réfugiés, les demandeurs d’asile, les personnes déplacées internes et les migrants en Afrique de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (la Commission africaine) rappelle que la migration est une caractéristique inhérente à la condition humaine et malgré les efforts qui visent à la dissuader ou y mettre un terme, elle persistera tant que les facteurs tels que la violence, la pauvreté, la discrimination et l'inégalité, le changement climatique, les catastrophes naturelles et autres existeront.

    Le déplacement massif des migrants, constitue un défi majeur pour le continent africain, particulièrement avec les nombreuses pertes en vies humaines déplorées parmi les migrants  et plus récemment le trafic d’êtres humains dont sont victimes les migrants en Libye.

    Les voix qui se sont unanimement élevées pour condamner la situation en Libye se doivent également de le faire pour appeler à des actions concrètes concernant les migrants et leur protection. Mais surtout, s’attaquer aux causes profondes de la migration, pour prévenir la survenance des tragédies telle que les pertes de vies humaines en mer méditerranée et dans le désert du Sahara.

    Les Etas africains qui ont adopté et ratifié la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (la Charte africaine) se doivent d’agir en vue de la protection effective de ses populations migrantes, notamment par le respect de l’article 5 qui garantit à tout individu le droit au respect de la dignité inhérente et protège l’individu de toutes formes d’exploitation et d’avilissement de l’homme notamment l’esclavage, la traite des personnes, la torture physique ou morale.

    La Rapporteure spéciale, rappelle également les dispositions de l’article 12 de la Charte africaine qui garantit à tout individu, le droit de circuler librement, de choisir sa résidence et interdit entre autre l’expulsion collective d’étrangers, les instruments internationaux relatifs à la protection des droits de l’Homme, ses résolutions CADHP/Res.114 (XXXXII) 07, CADHP/Rés.131(XXXXIII) 08 et CADHP/RES. 333 (EXT.OS/XIX) 16 sur la situation des migrants, ainsi que sa Déclaration sur la détérioration de la situation des migrants en mer méditerranée faite lors de sa 56ème  session ordinaire à Banjul en Gambie ;

    La Rapporteure spéciale, encourage l’Union Africaine et les Etats parties à la Charte africaine, de poursuivre les consultations et les efforts engagés dans la mise en œuvre des recommandations de la Déclaration de New York sur les réfugiés et les migrants, et  le programme d’action humanitaire continentale en vue d’atteindre les objectifs fixés par l’agenda 2063.

    La Rapporteure spéciale, appelle enfin, toutes les parties prenantes à traiter le migrant avec toute la dignité due à l’être humain, telle que consacrée par la Charte africaine et les valeurs africaines. 

    Commissaire Maya Sahli Fadel

    Rapporteure Spéciale sur les réfugiés, les demandeurs d’asile,

    les personnes déplacées et les migrants en Afrique

      

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      Date: 18 décembre 2017

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