Communique de presse sur la situation des droits de l’homme au Cameroun

    La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (La Commission)  suit avec intérêt l’évolution de la situation des droits de l’homme au Cameroun, Etat partie à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (La Charte) et, est profondément préoccupée par les graves violations des droits de l’homme qui ont cours dans ce pays ; particulièrement dans ses deux régions anglophones.

    Depuis Octobre 2016, la situation des droits de l’homme en République du Cameroun, n’a cessé de se détériorer suite aux répressions brutales des revendications légitimes et pacifiques des avocats, enseignants et membres de la société civile des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, qui souhaitaient préserver l’application du système judiciaire et éducatif anglophone dans leurs régions, mettre fin à la marginalisation et obtenir une meilleure prise en charge de ces régions en terme de développement et d’infrastructures par l’Etat.

    La Commission est particulièrement préoccupée par le déploiement de militaires dans ces zones, l’utilisation disproportionnée de la force contre les civils non armés, la suspension intermittente des moyens de communications ; notamment la connexion internet.

    Elle est gravement inquiète par les rapports faisant cas de disparitions forcées ; de détentions arbitraires  dans des conditions de détentions déplorables, l’interdiction des manifestations pacifiques, l’insécurité permanente avec pour conséquence le déplacement de plus de 5000 camerounais anglophones vers le Nigeria depuis le début de la crise, sans moyens de subsistance ni accès aux produits de première nécessité.

    La Commission condamne fermement toutes les violences et violations des droits de l’homme en cours au Cameroun, particulièrement la militarisation des régions anglophones et l’utilisation disproportionnée de la force contre les populations.

    Elle rappelle aux autorités camerounaises que le droit de participer à la gestion des affaires publiques (article 13), de disposer et bénéficier des richesses et ressources naturelles (article 21), de même que le droit à l’éducation (article17), la paix et la sécurité (article 23) sont des droits garantis par la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples à laquelle l’Etat du Cameroun est partie.

    Elle rappelle également que le droit de réunion et de manifestation pacifique sont consacré par l’article 11 et que tous les citoyens camerounais doivent être traités de manière égale sans discrimination, aucune (article 2).

    Tout en déplorant la radicalisation du conflit suite aux revendications des régions anglophones, qui réclament désormais la sécession du reste du Cameroun, la Commission enjoint les différentes parties au dialogue en vue d’épargner les vies humaines et restaurer le calme ; la sécurité et la paix dans les plus brefs délais.

    Elle appelle le Gouvernement de la République du Cameroun à mettre en œuvre son obligation de protéger et lui demande de :

    1. Mettre immédiatement fin à l’utilisation de la force contre les civils non armés ;
    2. Respecter le droit à la liberté d’expression et à l’information, la liberté d’association et de réunion et le droit à la liberté et la sécurité de la personne comme énoncée dans la Charte ;
    3. Libérer de façon immédiate tous ceux qui sont détenus arbitrairement depuis octobre 2016 suite aux revendications;
    4. Mener des enquêtes impartiales et indépendantes sur les allégations d’exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, traitements inhumains et dégradants, violations de droits de l’homme, qui auraient été perpétrés par les membres de la police, la gendarmerie et les militaires;
    5. Initier un dialogue constructif dans les plus brefs délais ; afin de mettre un terme aux souffrances des populations.

    La Commission demande également aux pays de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale) et à l’Union Africaine de s’impliquer activement dans la résolution de la crise anglophone au Cameroun, en vue de préserver la paix et la stabilité du Cameroun et la vie de nombreux innocents.

     

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      Date: 29 janvier 2018

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