Déclaration de la Rapporteure spéciale sur les Réfugiés, les Demandeurs d’asile, les Personnes déplacées et les Migrants en Afrique, à l’occasion de la Célébration de la Journée mondiale des Réfugiés, 2018

    La Rapporteure Spéciale sur les Réfugiés, les Demandeurs d’asile, les Personnes déplacées et les Migrants en Afrique, l’honorable Commissaire Maya Sahli-Fadel, voudrait en cette journée mondiale pour les réfugiés, rappeler aux Etats et à tous les acteurs intervenants dans l’accueil, la protection et la prise en charge des réfugiés, l’importance de redoubler d’efforts en vue de l’amélioration de la situation des réfugiés.

    La Rapporteure Spéciale, rappelle que la protection et le respect des droits des réfugiés, plus qu’un devoir sont une obligation pour les Etats, mais également pour leurs citoyens.

    Dans le monde entier et particulièrement en Afrique, plusieurs milliers de personnes fuient leur foyer afin de trouver refuge ailleurs et tenter tant bien que mal de poursuivre le cours de leur vie ou d’essayer de la recommencer. Nous voulons saluer le courage et la résilience de ces personnes.

    La situation des réfugiés en Afrique, demeure constante, avec un afflux continu des réfugiés venant des pays tels que le Soudan du sud, la Somalie, la République Démocratique du Congo (RDC), le Cameroun, le Nigéria , le Tchad et le Niger entre autres. Cet afflux est lié notamment à l’insécurité qui règne dans ces pays ou dans certaines de leurs régions.

    La question de l’accueil des réfugiés pose également le problème de la charge importante pour les pays et communautés d'accueil  qui vivent déjà  dans un contexte d'extrême pauvreté et de vulnérabilité; ce qui affecte toute politique de développement. En effet, des pays comme l’Ouganda continuent de recevoir des réfugiés de la RDC  et du Soudan du sud, malgré les difficultés qu’ils rencontrent à les accueillir correctement.

    En ce qui concerne les réfugiés de long terme, dans les camps au Kenya, la pauvreté et la sècheresse  les menacent ces derniers, à Djibouti leur situation pose un réel défi humanitaire et économique aux autorités du pays, tandis que les réfugiés sahraouis dans les camps de Tindouf attendent  toujours depuis 40 ans une solution politique à la question du Sahraoui occidental.

    Célébrez la journée mondiale du Réfugié est plus qu’une commémoration ; c’est le lieu pour les Etats africains de réfléchir afin de trouver une solution africaine aux problèmes des réfugiés, et ceci ne peut se faire sans la paix et la sécurité,  et en s’attaquant aux causes des déplacements forcées ; tout en continuant de garantir aux demandeurs d'asile et aux réfugiés un accueil et une protection dans le respect des droits de l'homme et des obligations conventionnelles internationales et régionales.

    A la veille de l'année 2019, année de la célébration du 50eme anniversaire de la convention de l'OUA de 1969, et l'adoption à venir du Pacte mondial sur les réfugiés en décembre 2018, il est temps de traduire les engagements en actions, rechercher des solutions globales pour en finir avec la précarité, l’insécurité et l'instabilité.

    Des  générations entières  d’hommes de femmes et d’enfants réfugiés n’ont aucun espoir d’avenir car limitées dans leurs actions par leur statut de réfugié. Nous devons nous souvenir qu’être réfugié n’est pas un choix, mais une fatalité à laquelle tout être humain à un moment ou un autre de sa vie peut être confronté. Il est donc important de s’assurer que les droits du réfugié et particulièrement ceux inhérents à la dignité humaine soient respectés.

    Les réfugiés doivent jouir de la protection du droit international humanitaire et des droits de l’homme sans discrimination. Gardons toujours à l’esprit  qu’un  jour,  nous pourrions être l’une de ses personnes.  Aussi il est impératif de s’assurer que les demandeurs d’asile et les réfugiés  ne subissent aucun mauvais traitement ou exaction dans les centres d’accueils ou de rétention. Traitons-les comme nous souhaiterions l’être dans les mêmes circonstances.

    La Rapporteure spéciale remercie les pays qui ont offert leur hospitalité et leur solidarité aux réfugiés vivant sur leur territoire, et appelle tous les Etats africains à contribuer collectivement aux coûts liés à l’accueil des réfugiés, conformément au principe de la solidarité africaine et à la coopération internationale, tel que stipulé dans la Convention de l’OUA de 1969.

    La Rapporteure Spéciale invite les Etats à adopter des cadres législatifs et à renforcer ceux déjà existants pour une meilleure protection des réfugiés en s'assurant du respect du principe de non refoulement et à s'ouvrir à l'accueil des demandeurs d'asile et des réfugiés  qu’ils doivent considérer comme un potentiel économique et non un danger sécuritaire.

    Elle appelle plus particulièrement les Etats  africains à intensifier leurs efforts de collaboration dans la recherche de solutions durables, notamment pour les réfugiés de long terme, qui peuvent constituer une valeur ajoutée positive dans la dynamique économique des pays hôtes.

    Elle voudrait également remercier toutes les personnes qui œuvrent à l’accueil et l’accompagnement des réfugiés au quotidien.

    Banjul le 20  juin 2018

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      Date: 21 juin 2018

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