Communique de presse sur les violences dans la ville de Buea au Cameroun

    La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (La Commission) suit avec intérêt l’évolution de la situation des droits de l’homme au Cameroun, Etat partie à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (La Charte).  

    Elle est profondément préoccupée par les violences en cours dans ses deux Régions anglophones, particulièrement à Buea (ville de plus de 100,000 habitants, Sud-Ouest du Cameroun).

    La Commission est également profondément préoccupée par les rapports faisant état de nombreux échanges de tirs de balles dans la matinée du 09 juillet 2018 entre les Forces armées camerounaises et les individus armés non autrement identifiés qui auraient fait irruption pour la première fois dans la ville précitée. Elle note que des  Groupes séparatistes armés se sont rendus dans les Quartiers Bomaka, Molyko, Malingo, Muea, Mile 17, Mile 16 et ses environs en tirant en l’air en vue d’assurer le respect de l’injonction de ville morte imposée par les Activistes. Ceci s’est traduit par des affrontements avec les Forces Armées Camerounaises. Le bilan fait état de  12 morts dont 02 policiers et 10 assaillants.

    D’autres scènes de violence auraient été enregistrées à Kumba à l’issu desquelles un Commissaire de Police et 06 civils auraient perdu la vie. A Bamenda, précisément à Bambui et Bambili dans la Région du Nord-Ouest, les affrontements entre les Forces Armés Camerounaises et les Groupes armés auraient causé de nombreux dégâts matériels notamment incendie des véhicules et des taxis-motos auxquels il était  reproché le fait de  n’avoir pas respecté l’injonction de ville morte.

    Depuis octobre 2016 les Régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont en proie à des violences suite à la répression brutale des revendications légitimes et pacifiques des avocats, enseignants et membres de la Société Civile de ces Régions. Ceci a conduit à la formation de Groupes séparatistes qui réclament l’autonomie des Régions anglophones du reste du Cameroun.

    La Commission condamne fermement toutes les violences causées tant par les Forces Armées Camerounaises que par les Groupes séparatistes armés, particulièrement la destruction des biens publics et privés, les pertes en vies humaines, et la terreur que subit les populations de Buea et des autres parties des Régions anglophones.

    Tout en déplorant l’état de la situation actuelle, la Commission enjoint les différentes parties au dialogue en vue d’épargner les vies humaines et restaurer le calme,  la sécurité et la paix dans les plus brefs délais.

    Elle appelle le Gouvernement de la République du Cameroun à mettre en œuvre son obligation de protéger et lui demande particulièrement de (d’):

    -       mettre un terme aux représailles, arrestations et autres assassinats ciblés ;

    -       Libérer dans les plus brefs délais les personnes  détenues arbitrairement et sans charge depuis octobre 2016 ;

    -       Mener des enquêtes impartiales et indépendantes sur les allégations de violations de droits de l’homme, qui auraient été perpétrés par les membres de la Police, la Gendarmerie et les militaires ;

    -       Initier un dialogue constructif et inclusif dans les plus brefs délais afin de mettre un terme aux souffrances des populations.

    Elle appelle les leaders du Mouvement séparatiste à respecter les droits de l’homme et à :                

    -       Mettre un terme à toutes les  violences notamment celle ayant pour cibles les populations et les membres des Forces Armées Camerounaises ;

    -       Mettre fin à l’enlèvement et l’assassinat des fonctionnaires de l’Etat ;

    -       Collaborer avec le Gouvernement dans le cadre d’un dialogue constructif en vue de trouver une solution pacifique et rapide à la présente crise.

    La Commission réitère son appel aux pays de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale) et à l’Union Africaine de s’impliquer activement dans la résolution de la crise anglophone au Cameroun, en vue de préserver la paix et la stabilité sur son territoire et la vie de nombreux innocents

      Propriétés

      Date: 17 juillet 2018

      Links


      Traduire la page

      Contactez-nous

      • 31 Bijilo Annex Layout, Kombo North District
      • Western Region P.O. Box 673 Banjul
      • The Gambia
      • Tel: (220) 441 05 05, 441 05 06
      • Fax: (220) 441 05 04
      • E-mail: au-banjul@africa-union.org

      ACHPR Newsletter

      Subscribe to receive news about activities, sessions and events.
      © 2018 African Commission on Human and Peoples' Rights