Communiqué Final de la 17ème Session Ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples
1. La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples a tenu du 13 au 22 mars 1995 sa 17ème session ordinaire à Lomé, Togo, sur l’invitation du gouvernement togolais et sous la présidence de Prof. Isaac Nguema.2. La session a été précédée d’un séminaire sur la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et les Droits de la Femme en Afrique organisé par la Commission Africaine en collaboration avec l’organisation non-gouvernementale « Femme, Droit et Développement en Afrique (FEDDA, en anglais WILDAF) » et par le 8ème atelier sur la participation des ONG aux travaux de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et l’Association pour la Promotion de l’Etat de Droit (APED), une ONG togolaise.
3. Ont pris part à cette session les commissaires suivants :
4. M. Alioune B. Bèye et M. Youssoupha Ndiaye se sont excusés.
5. La cérémonie d’ouverture a eu lieu le 13 mars 1995 à 10 heures à l’hôtel Sofitel du 2 février, présence de S.E.M. Dojvi Gally, ministre togolais chargé des Droits de l’Homme et de la Réhabilitation, chargé des Relations avec le Parlement en qualité de représentant du Premier Ministre du Togo, de M. Dougan Becca José Domingo, représentant SEM Ibrahim Fall, Secrétaire Général Adjoint des Nations Unies et Directeur du Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et de M. Adama Dieng, Secrétaire général de la Commission Internationale des Juristes.
6. Etaient également présents :
7. MM. Dougan Becca, Adama Dieng, le prof. Nguema et S.E.M. Djovi Gally ont successivement prononcé des allocutions à la cérémonie d’ouverture
8. Dans son allocution, M. Dougan Becca a remercié la Commission d’avoir
invité le Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme
aux travaux de sa 17ème session ordinaire.
Après avoir adressé à la Commission les salutations et
les vœux de plein succès de S.E.M. Ibrahim Fall, secrétaire
Général Adjoint des Nations Unies et Directeur dudit Centre,
M. Dougan Becca a notamment réaffirmé l’engagement du
Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme à continuer
à assister la Commission dans l’accomplissement de sa mission.
9. M. Adama Dieng a, quant à lui, fait état des difficultés financières et du manque de personnel dont souffre le Secrétariat de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et a réaffirmé à cette dernière la détermination de la Commission Internationale des Juristes de l’aider à s’acquitter de sa mission. Il a signalé en outre à la Commission que la Commission Internationale des Juristes détacherait très bientôt un juriste africain auprès du Secrétariat de la Commission pour une période de 12 mois.
10. M. Dieng a félicité les gouvernements du Togo et du Sénégal d’avoir accepté la demande de la Commission d’effectuer des missions dans leurs pays.
11. M. Dieng a souligné la nécessité d’instaurer la paix et de consolider l’indépendance du pouvoir judiciaire en Afrique. Le Secrétariat Général de la CIJ a également fait remarquer que, souvent, les auteurs de graves violations des droits de l’homme ne sont pas traduits en justice et qu’il faudrait attacher à la question de l’impunité l’importance qu’elle mérite.
12. Dans son discours, le Prof. Isaac Nguema a exprimé ses remerciements à la CIH pour sa promesse de détacher un juriste auprès du Secrétariat de la Commission. il a évoqué l’origine des divers problèmes auxquels est confrontée l’Afrique, y compris les conflits ethniques et religieux, ainsi que les crimes qui accompagnent les coups d’Etat. Il a également mis l’accent sur la nécessité de trouver des solutions africaines aux problèmes africains.
13. Dans son allocution, S.E.M. Djovi Gally a réaffirmé l’attachement
du Togo à la promotion et à la protection des droits de l’homme
et a indiqué que la constitution du pays reflétait les principes
énoncés dans les conventions internationales des droits de l’homme.
14. Le ministre Djovi Gally a indiqué que la Charte africaine devrait
être considérée comme la constitution de l’Afrique.
Il a évoqué les divers problèmes que connaît l’Afrique
et a notamment souligné l’importance de l’éducation
pour le développement des sociétés démocratiques.
15. Au cours de ses travaux, la Commission s’est penchée principalement
sur les points suivants :
16. Le statut d’observateur a été accordé aux
organisations non-gouvernementales suivantes :
18. L’octroi du statut d’observateur à ces 14 ONG porte à 154 le nombre d’ONG qui jouissent d’un statut d’observateur auprès de la Commission Africaine.
19. Les représentants de l’Algérie, du Burundi, du Burkina Faso, de la République Centrafricaine, du Botswana, du Mali, et du Togo ont pris part à la session.
20. Les représentants de l’Algérie, du Burundi et du Burkina Faso ont prononcé des allocutions et ont notamment informé la Commission de l’intention de leurs pays de présenter leurs rapports dans les prochains jours.
21. La Commission a entendu les allocutions des représentants de diverses organisations africaines et internationales, à savoir :
22. Mme Tokunbo Ige de la Commission Internationale des Juristes a présenté
les conclusions et Recommandations du 8ème atelier des ONF et a mis
un accent particulier sur les questions suivantes :
23. La Commission note avec regret que les rapports des Etats du Mozambique, de l’Ile Maurice et des Seychelles n’ont pas été examiné comme prévu parce que lesdits Etats n’ont pas envoyé des délégués pour présenter les rapports à la Commission . par ailleurs, la Commission a pris bonne note des excuses présentées par l’Ile Maurice (par note verbale N° 18666/188 du 14 mars 1995) qui n’a pas envoyé de représentants à causes du cyclone qui s’est abattu sur le pays les 12 et 13 mars 1995.
24. Les membres de la Commission ont présenté leurs rapports sur les activités de promotion qu’ils ont accomplis durant l’inter-session.
25. Le rapporteur Spécial de la Commission sur les exécutions extra-judiciaire, sommaire ou arbitraire a présenté le projet de terme de référence préparé à la lumière du projet élaboré par les la Commission et les ONG. La Commission a examiné et adopté le document présenté par le Rapporteur Spécial.
26. Le secrétaire a indiqué à la Commission que le Secrétaire Général de l’OUA, en consultation avec les Etats membres et la CIJ convoquera au mois de mai 1995, une réunion d’experts chargés d’examiner la création d’une cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
27. La Commission a examiné la question de reformes du système pénitentiaire et des conditions dans les prisons en Afrique. La Commission a décidé d’organiser un séminaire sur la réforme du système pénitentiaire en collaboration avec Penal Reform International.
28. Le commissaire Vera Valentina B. S. Duarte Martins a présenté les conclusions et les recommandations du séminaire sur les Droits de la Femme en Afrique et la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Les principales Recommandations faites sont les suivants :
29. La Commission a approuvé les deux premières Recommandations relatives au protocole additionnel et aux mesures intérimaires.
30. La Commission a confié à deux de ses membres, Dr Duarte et Prof. Dankwa, la mission d’initier le travail d’élaboration du Protocole additionnel sur les droits de la femme.
31. La Commission a réitéré sa décision d’organiser les séminaires suivants :
32. La Commission a en outre décidé d’organiser les séminaires
sur les thèmes suivants :
33. La Commission a examiné et adopté le rapport et les résolutions de se 16ème session. Ces résolutions portent sur la Gambie, le Nigeria, le Rwanda, les régimes militaires, les formes contemporaines d’esclavage et la situation des droits de l’homme en Afrique.
34. La Commission a également adopté de nouvelles résolutions sur le Soudan, la Gambie, le Nigeria, les mines anti-personnelles et la situation dans les prisons en Afrique.
35. Concernant les activités de protection, 53 anciennes communications
et une nouvelle communication ont été examinées par la
Commission . l’état de ces communications se présente
comme suit :
36. Au cours de cette session, la Commission a été reçue en audience par le président de la République du Togo, le Général Gnassingbé Eyadéma et le Premier Ministre, S.E.M. Edem Kodjo.
37. La cérémonie de clôture a été rehaussée par la présence de S.E.M. Edem Kodjo, premier ministre de la République du Togo qui a prononcé un discours.
38. La Commission prie l’Algérie , l’Angola, le Botswana, le Burundi, le Burkina Faso, le Cameroun, la République Centrafricaine, les Comores, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Djibouti, la Guinée Equatoriale, le Gabon, le Kenya, le Lesotho, le Liberia, Le Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, la Namibie, le Niger, la République Arabe Sahraouie Démocratique, Sao Tomé et Principe, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Zaïre et la Zambie de présenter leurs rapports initiaux le plus tôt possible.
39. La Commission lance un appel pressant à l’Erythrée, l’Ethiopie, le Swaziland et l’Afrique du Sud afin qu’ils ratifient la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples dans les meilleurs délais.
40. La Commission a décidé de tenir sa 18ème session ordinaire au Cap-Vert du 6 au 15 octobre 1995.
Fait à Lomé, Togo, le 22 mars 1995.