25ème Session ordinaire: Communiqué final
CommuniquéFinal de la 25ème Session Ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples
1. A l’invitation du Gouvernement de la République du Burundi, la 25ème Session Ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples s’est tenue du 26 avril au 5 mai 1999 à Bujumbura.2. La cérémonie d’ouverture a eu lieu le 26 avril 1999,
sous la présidence de M. Youssoupha Ndiaye, Président de la Commission Africaine.
3. La session a été ouverte par le 1er Vice-Président
de la République du Burundi, Son Excellence M. Frédéric
BAMVUGINYUMVIRA
4. Des allocutions ont été également prononcées
par :
- le Dr. Tsabalala Msimang, Vice-Ministre de la Justice de la République
d’Afrique du Sud, en sa qualité de Représentant des Délégués
présents à la session, et par
- M. Mohammed Monieb de l’Organisation arabe des Droits de l’Homme au nom des Organisations non gouvernementales.
5. Le Secrétaire Général de l’Organisation de
l’Unité Africaine (O.U.A) s’est adressé le 27 Avril
1999 à la Commission Africaine en présence des délégués
des Etats, des Institutions Nationales de Droits de l’Homme, et des
Organisations Non-Gouvernementales des Droits de l’Homme. Dans son allocution
le Dr. Salim Ahmed Salim a tenu à féliciter le Gouvernement
burundais pour les efforts consentis afin d’abriter cette session. Ces
efforts traduisent la volonté de ce pays de s’engager dans la
voie de la démocratisation et du respect des droits de l’homme.
Il a également rappelé l’engagement pris par les Etats
Africains dans la Déclaration de Grand Baie adoptée à
Maurice le 16 Avril 1999 lors de la 1ère Conférence Ministérielle
sur les droits de l’homme en Afrique, de promouvoir et protéger
les droits de l’homme. Il a également appelé les Etats
africains à une ratification rapide du Protocole Additionnel relatif
à la création de la Cour Africaine des Droits de l’Homme
et des Peuples ainsi que de la Charte Africaine sur les Droits et le Bien-être
de l’Enfant. Le Dr. Salim Ahmed Salim a enfin réitéré
la nécessité d’évaluer la structure et le fonctionnement
du Secrétariat de la Commission Africaine des Droits de l’Homme
et des Peuples afin de renforcer cet organe et de lui permettre de mener à
bien sa mission.
6. La Commission Africaine a examiné l’état de ses relations
avec les Organisations Non-Gouvernementales des Droits de l’Homme. Elle
a déploré le manque de collaboration de certaines d’entre
elles: en effet, sur 231 ONG qui bénéficient du statut d’observateur,
seules 25 soumettent régulièrement leurs rapports bi-annuels
d’activités au Secrétariat de la Commission. La Commission
a adopté de nouveaux critères d’octroi et de jouissance
du statut d’observateur.
7. L’Afrique du Sud, le Burkina Faso, et le Tchad ont présenté
leurs rapports initiaux conformément à l’article 62 de
la Charte. L’examen du rapport initial des Seychelles a été
reporté à la 26ème session ordinaire. La Commission a
déploré le fait que cet Etat n’ait pas envoyé de
délégués pour présenter son rapport initial. Le
Mali a déposé son rapport initial.
8. La Commission a enregistré des interventions des délégués
des Etats sur la situation des droits de l’homme dans leurs pays respectifs.
9. Diverses ONG ont exprimé leur inquiétude quant à la
détérioration de la situation des droits de l’homme dans
certaines parties du continent. Au titre de ces violations, on relève:
des exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires, des conditions
inhumaines d’emprisonnement et de détention, des entraves à
la liberté d’expression, à la liberté de circulation,
à la liberté d’association, des coups d’Etat militaires,
des disparitions forcées, des violations dont sont victimes les femmes
et les enfants dans les pays en conflit armé. Les ONG ont également
condamné les coups d’Etat au Niger et aux Comores.
10. Tous les membres de la Commission ont présenté leurs rapports
d’activités effectuées pendant l’intersession. La
Rapporteure Spéciale sur les Droits de la Femme en Afrique, le Rapporteur
Spécial sur les Exécutions Extrajudiciaires Sommaires et Arbitraires
ainsi que le Rapporteur Spécial sur les Prisons et les Conditions de
Détention en Afrique, ont également présenté leurs
rapports.
11. Le Président de la Commission a informé les participants
que 2 Etats, le Sénégal et le Burkina Faso, ont ratifié
le Protocole Additionnel à la Charte Africaine des Droits de l’Homme
et des Peuples relatifs à la création de la Cour Africaine des
Droits de l’Homme et des Peuples. La Commission a par conséquent
décidé de prendre des mesures appropriées en vue d’une
rapide ratification dudit Protocole.
12. Le groupe de travail sur le projet de Protocole sur les Droits de la Femme
a fait son rapport à la Commission qui en a pris acte.
13. La Commission, dans le cadre de ses activités de promotion, a décidé
d’organiser des séminaires et conférences.
14. Au cours de ses séances à huis clos, la Commission a été
saisi de 81 communications dont environ une soixantaine ont été
examinées.
15. La Commission a adopté sept résolutions.
16. La Commission a visité un camp de personnes déplacées
à Carama.
17. La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples exprime
son appréciation pour les efforts en cours en vue du rétablissement
de la paix au Burundi et de la reconstruction nationale.
La Commission remercie le Gouvernement et le Peuple Burundais pour l’accueil
chaleureux et l’hospitalité fraternelle dont elle a été
l’objet et qui ont contribué à la réussite de ses
travaux
18. La session a été clôturée le 05 Mai 1999 par
le Premier Vice Président de la République du Burundi, Son Excellence
M. Frédéric BAMVUGINYUMVIRA.
19. Le Président de la Commission a tenu une conférence de presse
après la cérémonie de clôture.
Fait à Bujumbura, Burundi, le 05 Mai 1999