Allocution d'ouverture par S.E. John Agyekum Kuffour, Président de la République de Ghana

    Discours d'Ouverture de son Excellence le President John Agyekum Kufuor a l'Occasion de la 41ème Session Ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples Tenue le 16 mai 2007 au Centre Internationale de Conferences d'Accra

     Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue au Ghana au nom du Gouvernement et du Peuple De la République du Ghana. Le Ghana a l’honneur d’accueillir la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (la Commission Africaine) à l’occasion de la tenue de sa 41ème Session Ordinaire.

     Ceci nous fait particulièrement plaisir non seulement parce que le Ghana a assumé la présidence de l’Union Africaine mais aussi parce qu’il commémore son cinquantième anniversaire. De plus, le cinquantième anniversaire du Ghana coincide avec le 20ème anniversaire de la Commission Africaine. Il y a quelque 50 ans, le Ghana a eu l’unique occasion d’être le premier pays sub-saharien à accéder à l’indépendance. Aujourd’hui, le continent africain tout entier est libre de la domination coloniale et de l’aparthied. De ce fait, cette commémoration ne se limite pas au Ghana. Elle appartient à toute l’Afrique.

     Madame la Présidente de séance, comme nous commémerons 50 ans d’auto-détermination en Afrique, nous devons également faire le point. Sommes-nous fiers de notre passé et ce passé nous a-t-il préparés pour l’avenir ? La libération politique a-t-elle apporté une véritable liberté à nos peuples ? Voici les questions que nous devons nous poser constamment. Nous nourissons l’espoir qu’au fur et à mesure que les Ghanéens, voire les Africains, font le point en vue de faire des projets d’avenir, la Commission Africaine sera occupée à entreprendre une tâche similaire. On ne saurait trop estimer le fait que les gouvernements, la société civile et les institutions africains, telles que la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, devraient oeuvrer étroitement vers la promotion des droits de l’homme et des peuples ainsi qu’une véritable liberté du continent africain.

     Distingués invités, Mesdames, Messieurs,d’ici quelque  six semaines, la 9ème Session Ordinaire de l’ Assemblé de l’Union Africaine se tiendra également ici à Accra. La Session discutera de l’union et de l’intégration africaines. Madame la Présidente, l’unité et l’intégration durables ne pourraient se réaliser que sur une plateforme de paix véritable où chaque Africain est responsable des actions de son semblable et que tout le monde jouit des droits de l’homme et des peuples fondamentaux.

     Voici le défi qui se pose non seulement aux leaders africains  mais aussi aux institutions africaines. Par ailleurs, puisque l’intégration et les droits de l’homme et des peuples fondamentaux sont intrinsèquement liés, l’on saurait trop estimer le rôle crucial que joue la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

     Distingués invités, Mesdames, Messieurs,depuis sa création en 1987, la Commission Africaine joue un rôle important dans la promotion de la Charte Africaine sur les Droits de Homme et des Peuples sur le continent ainsi que la protection des droits qui y sont                                                     stipulés.Depuis des années, l’Union Africaine et la Commission Africaine collaborent en tant que partenaires.Le moment est venu pour que ces deux groupes tissent des liens plus étroits et renforcent leurs relations afin d’améliorer le travail de la Commission. L’Union Africaine se félicite du fait que la Commission Africaine s’est déjà impliquée dans la promotion de la Charte Africaine dans les états-membres signataires de la Charte conformément à l’article 45 de la Charte Africaine.Toutefois, la majeure partie des populations africaines ignorent  l’existence de la Charte et ses dispositions. Dans notre lutte pour ancrer les droits de l’homme et des peuples fondamentaux en Afrique, le rôle le plus crucial que devrait jouer la Commission Africaine serait peut-être la promotion des droits de l’homme et des peuples par le biais de l’éducation. Il est essentiel que nos peuples soient sensibilisés sur cette Charte, la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, ainsi que les droits dont ils doivent jouir et les obligations dont ils devront s’acquitter.

    Distingués invités, Mesdames, Messieurs, cette situation triste n’annonce rien de bon pour l’exécution efficace des fonctions de la Commission. Je suis persuadé que l’on peut remédier à cet état des choses.Seule la Commission ne devrait pas mettre cette charge sur les épaules.Nous devons nous tous, gouvernements, société civile, médias et tous ceux qui ont eu le privilège d’être au courant des dispositions de la Charte, nous l’approprier et assumer la responsabilité de la diffuser de manière structurée et organisée à travers l’Afrique. A cet égard, j’invite la Commission Africaine à montrer le chemin puisque cela fait partie de son mandat et à pousser le reste de l’Afrique à agir.

     Distingués invités, Mesdames, Messieurs, l’auto-évaluation est essentielle au processus de développement. A cet égard, j invite la Commission Africaine à réévaluer ses forces et faiblesses afin de renforcer ses opérations en vue d’assurer la promotion efficace et la protection des droits de l’homme et des peuples sur le continent. Je vous invite également à poursuivre l’examen des relations entre la Commission Africaine et les institutions régionales telles que la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Avec la création de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ainsi que la fusion de la cour avec la Cour Africaine de Justice, l’Afrique a montré qu’elle est engagée à la promotion et à la protection des droits de l’homme et des peuples. J’encourage la Commission Africaine à développer une relation viable auprès de la Cour en vue d’assurer le fonctionnement efficace des deux institutions. En fait, la réussite des deux institutions dépend non seulement des résolutions de l’Union Africaine mais aussi des relations pratiques que les institutions devraient forger.

     Distingués invités, Mesdames,Messieurs, l’on ne saurait trop estimer le fait que les femmes jouent un rôle très important dans le développement de toute société. L’Afrique reconnaît également le fait que les femmes peuvent jouer un rôle capital dans le processus de développement quand elles sont capacitées. C’est pourquoi l’Union Africaine a fait de la promotion de l’égalité des genres l’un des principescardinaux de l’Union dans le cadre de l’article4(1) de la Loi Constitutive de 2000. Dans le préambule de la Loi Constitutive, les gouvernements africains sont invités à forger un partenariat solide auprès des femmes afin d’assurer le développement accéléré et durable.

     Dans le cadre de son engagement à la promotion de l’égalité des genres ainsi qu’à la promotion et à la protection des droits de la femme en Afrique, l’Union Africaine a fait un pas en avant puisqu’elle a adopté en 2006 un protocole qui s’adresse spécifiquement aux droits de la femme en Afrique, à savoir le Protocole à la Charte Africane des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits de la Femme en Afrique qui est entré en vigueur en novembre 2005. Lparties-états au Protocole sur la Femme se trouvent dans l’obligation de prendre les mesures législatives, administratives et autres afin d’assurer l’’egalité des genres dans leurs juridictions respectives.

     Les dispositions majeurs du Protocole sur la Femme comprennent l’élimination de la discrimination contre les femmes l’élimination des pratiques nuisibles, l’acès à la justice et à la protection ‘egale devant la loi, le droit à l’éducation, le droit à la dignité, le droit à la santé reproductive, les droits de veuvage, le droit de propriété et une protection spéciale pour les femmes handicappées. Dans le contexte africain, tous ces droits sont essentiels à l’émancipation et au développement.

     Ici au Ghana, la Constitution de 1992 garantit ,entre autres, le respect de la dignité humaine au titre de l’article 15, les principes de la non-discrimination au titre de l’article 17  aussi bien que le droit à l’éducation au titre de l’article 25. J’ai le plaisir de vous informer que le Président de la République, Son Excellence John Agyekum Kufuor, m’a instruit en ma qualité de Procureur-Général aussi bien que le Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Régionale et du NEPAD et le Ministre de la Condition de la Femme et de l’Enfant de prendre dans un avenir proche les mesures nécessaires à faire ratifier le Protocole par l’Assemblée Nationale du Ghana.

     Distingués invités, Mesdames, Messieurs, je suis persuadé que les Africains sont capables de d’ebattre les questions liées aux droits de l’homme et des peuples. Par conséquent, la Commission Africaine est l’une des institutions importantes de l’Union Africaine. Cette session pourrait faire une contribution importante en vue d’assurer la croissance de la Commission Africaine. Nos peuples et nos populations comptent sur cette Commission pourexprimer clairement les questions qui règlementent le dialogue et le débat afin de créer une base pour engendrer la compréhension et le consensus- la fondation sur laquelle nous pourrns bâtir l’Unité Africaine.

     Distingués invités, Mesdames, Messieurs, les Africains sont nés libres et doivent rester libres.

     Une fois de plus, je me félicite du fait que la Commission Africaine a décidé de tenir sa 41ème Session Ordinaire au Ghana.

    Tout en vous souhaitant des délibérations fructueuses à l’occasion de cette session, soyez encore une fois les bienvenus.

     Je vous remercie.

     

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