Reine Alapini-Gansou

Activités comme Rapporteur Spécial sur les Défenseurs des Droits de l'Homme


Honorable Commissaire Reine ALAPINI GANSOU

Rapporteure Spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme en Afrique

Membre du Comité pour la protection des droits des PVVIH, des personnes à risque, vulnérables et affectées par le VIH/SIDA

 

54ème Session Ordinaire

Banjul, du 22 Octobre au 5 Novembre 2013

 

 INTRODUCTION

1.      Le présent rapport est produit conformément au Règlement Intérieur de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples en son article 72 et aux Résolutions CADHP/ 69(XXXV) 04 du 4 juin 2004 et CADHP/Rés.202 (L) 11 du 5 novembre 2011. Il est présenté en deux parties.

2.      Dans un premier temps, ce rapport fait le point des activités entreprises en notre qualité de Membre de la Commission Africaine des droits de l’homme en général et des peuples et du Comité pour la protection des droits des PVVIH, des personnes à risque, vulnérables et affectées par le VIH/SIDA en particulier. 

3.      Il présente ensuite à titre principal les activités entreprises en notre qualité de Rapporteure Spéciale sur la situation des Défenseurs des Droits de l’homme en Afrique depuis la 53ème Session Ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (Commission africaine) tenue à Banjul (Gambie) du 9 au 22 Avril 2013.

4.      Le rapport présente en conclusion  une brève analyse de la situation des Défenseurs des droits de l’homme en Afrique. Il contient enfin quelques recommandations

ACTIVITES MENEES EN QUALITE DE MEMBRE DE LA COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES ET DU COMITE  DROITS HUMAINS ET  VIH

I.                   ACTIVITES EN QUALITE DE MEMBRE DE LA COMMISSION AFRICAINE

5.      Depuis avril 2013  nous conduisons une mission d’observation des droits de l’homme  de l’homme au Sein de la Mission Internationale des Soutien au Mali sous conduite africaine, puis au  sein de la Mission de l’Union Africaine au mali et au Sahel ; nous avons entrepris  une Mission d’établissement des faits du 3 au 7 Juin 2013 au Mali ; avons pris part à Abidjan du 30 Avril au 2 Mai  à un séminaire sur les relations entre la Cour et la Commission africaines des droits de l’homme et des Peuples. Sur demande de la FIDH et  des acteurs de la société civile Malienne, nous avons pris part à une activité de renforcement des capacités de défenseurs des droits de l’homme de la sous-région ouest africaine.

1-    Observations des  Droits de l’homme au Mali /  Mission de l’Union Africaine au Mali et au Sahel, Bamako, Avril – Octobre 2013

6.      La crise qu’a connue le Mali depuis le début de l’année 2012, à travers l’occupation des régions du nord du pays par des Groupes armés et le Coup d’Etat du 22 Mars 2012, a mobilisé l’engagement de la Communauté internationale dont l’Union Africaine à travers la mise en place depuis Janvier 2013 de la Mission Internationale de Soutien au Mali sous conduite Africaine, (MISMA). Cette mission a établi en son sein une Composante Droits de l’homme, opérationnelle depuis le mois d’Avril 2013 avec une présence de 20 Observateurs provenant des pays de l’Union Africaine et que  j’ai la charge de diriger. Avec la transformation depuis le 1 Juillet de la MISMA en mission des Nations Unies (MINUSMA), l’Union africaine a maintenu sa présence au Mali à travers la Mission de l’Union Africaine au Mali et au Sahel (MISAHEL) qui a repris dans sa structure la Composante Droits de l’homme.

7.      L’équipe  des Observateurs des droits de l’homme, déployée au Mali par le  Département Paix et Sécurité et le  Département des Affaires Politiques de l’Union Africaine, a pour mandat de :

§ Documenter les cas de violations et atteintes aux droits de l’homme perpétrés au Mali, particulièrement dans les régions du Nord (Gao, Tombouctou et Kidal) Mopti et Bamako ;

§ Assurer la surveillance des droits de l’homme et donner des avis et recommandations à l’Union Africaine et aux autorités maliennes sur la meilleure prise en charge des droits de l’homme ;

§ Assister le Mali dans le processus de mise en place d’une justice transitionnelle et dans ses efforts de réconciliation nationale.

8.      Ces activités s’exécutent à travers les actions des  observateurs dans le cadre de leurs rencontres avec les victimes directes, les autorités publiques, les représentants  des organisations de la société civile et  des agences humanitaires et internationales présentes dans les zones cibles. Par ailleurs, les observateurs ont accompagné la mission d’observation électorale de l’Union Africaine pendant les élections présidentielles du 28 Juillet et du 11 Août 2013.

9.      A ce jour, soit 6 mois après la mise en place de la mission d’observation, la Composante a produit deux Rapports d’observation sur une base trimestrielle et dont la teneur révèle un certain nombre des violations et atteintes que l’on peut attribuer  aux acteurs du conflit. Ces rapports contiennent des domaines de préoccupations  et des indicateurs sur les enjeux à prendre en compte dans le cadre de la normalisation progressive de la situation politique et des droits de l’homme au Mali. Ils contiennent enfin des recommandations à l’endroit de l’Etat partie, et de l’Union Africaine pour une meilleure prise en charge des droits de l’homme et de la réconciliation nationale dans le Mali post-conflit.

10.  Il importe de noter que malgré le retour à l’ordre constitutionnel,   les élections présidentielles, le lancement du processus démocratique en cours, la question de la réconciliation, du dialogue national et de la justice reste de mise. La  question de l’impunité reste entière. Par ailleurs,  malgré le calme  précaire constaté,  le problème de la sécurité des populations et de leurs biens  se pose avec acuité. Les observateurs continuent de noter ci et là des exécutions extrajudiciaires et sommaires et des disparitions de civils et d’hommes en uniformes. Toutes ces situations méritent une attention soutenue de la part de la communauté internationale et régionale africaine, en l’occurrence des actions promptes de la part des mécanismes spéciaux.

2-     Mission d’établissement des faits de la CADHP au Mali, 3-7Juin 2013

11. La Commission Africaine, dans le cadre de sa mission de protection de droits de l’homme a été aussi largement préoccupée par la situation critique au Mali et a conçu de diligenter une mission d’établissement des faits en rapport avec l’occupation du Nord du Mali et les violations consécutives au coup d’Etat du 22 Mars 2012. Cette mission qui a connu la participation de cinq membres de la Commission était placée sous notre direction, en tant que Commissaire en charge du Mali et a eu lieu du 3 au 7 Juin 2013.

12. Les conclusions de cette mission ont fait l’objet d’un rapport circonstancié qui sera  examiné au cours de cette 54ème Session ordinaire. Il fait l’état des lieux de la situation humanitaire et des droits de l’homme au Mali et formule des recommandations sous forme de perspectives en vue d’une lutte efficace contre l’impunité et une prise en comptes judicieuse des droits des victimes, en l’occurrence les populations du Nord du pays qui continuent de subir les affres des groupes armés et terroristes.

3-    Colloque sur la collaboration entre la Cour Africaine des Droits de l’homme et des peuples et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, Abidjan, Côte d’Ivoire,  30 Avril au 2 Mai 2013

13.            La Commission africaine et la Cour Africaine partagent des compétences en matière des droits de l’homme en Afrique. Et la question qui se pose depuis lors est de savoir  comment les deux organes arrivent à accomplir leur mandat respectifs sans pour autant empiéter sur les domaines de l’un et l’autre tout en restent au service de population. 

14.            Cette rencontre a été rehaussée par  la participation de plusieurs acteurs dont les membres de la société civile, les représentants de la Cour Africaine des droits de l’homme, les autorités judiciaires de la Côte d’Ivoire etc. Nous avons présenté une communication sur « les relations entre la Cour et la Commission Africaines des droits de l’homme et des peuples ». Dans notre exposé nous avons souligné que du point de vue formel, les deux organes sont appelés à garantir l’effectivité des droits reconnus par la Charte Africaine des Droits de l’homme et des peuples, tout en sachant que  la Commission a l’entière obligation de promouvoir les droits de l’homme sur le continent et qu’elle garde encore le mandat  de protéger les droits collégialement avec la Cour. A cet égard une collaboration objective e désintéressée entre les deux institutions s’impose.

4-    Participation à la 4eme  réunion statutaire entre la Cour africaine des droits de l’homme et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples 18 – 19 juillet 2013, Nairobi / Kenya

15. Dans le cadre de la coopération en matière de protection des droits de l'homme sur le Continent,  la Cour et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ont tenu leur deuxième réunion statutaire annuelle, à laquelle nous avons pris part, du 18 au 19 juillet 2013, à Nairobi au Kenya.  

16. Cette réunion avait pour but de poursuivre les échanges sur des questions liées à la relation de complémentarité entre les deux Institutions ainsi que les progrès déjà réalisés au niveau de leur collaboration en vue d’assurer une protection effective des droits de l'homme sur le Continent.

5-    Séminaire de formation à la méthodologie de documentation des

violations des droits de l’homme, Bamako, 1-3 Juillet 2013 

17. Sur Invitation de la FIDH et de l’Association Malienne des droits de l’homme, nous avons pris part à une session de formation à la méthodologie  de documentation des violations des droits de l’homme. Cette  formation  a été offerte aux  points focaux de l’Association malienne des droits de l’homme dans les huit régions du Mali,   aux  points focaux sous-régionaux de la FIDH (Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad) et aux  acteurs locaux de la société civile malienne.

18. Au cours de la formation, les participants ont discuté des questions diverses : observation des élections par les OSC, la méthodologie d’observation et d’enquête des violations des droits de l’homme ; méthodes d’enquête sur les violences sexuelles et crimes sexo-spécifiques ; les procédures pénales et judiciaires ; les principes du droit international humanitaire ; les droits des réfugiés et des personnes déplacées internes. Les participants se sont aussi exercés à des cas pratiques. L’objectif consistait à par ailleurs à mieux maîtriser les principes fondamentaux de la documentation, partager la méthodologie commune, basée notamment sur l’expérience internationale de la FIDH et de ses organisations membres, au partage d’expériences et à la facilitation du partage de l’information recueillie pour un usage par les décideurs et acteurs des droits de l’homme.  Le lien entre cette formation et le travail en cours de documentation des droits de l’homme au Mali par les acteurs divers n’est plus à démontrer. Cette formation venait  à point nommé et qui mérite d’être dupliquée. Surtout en prévision des situations de conflits.

19. L’expérience de la Commission en matière de la documentation des droits de l’homme à travers notamment ses missions d’établissement des faits doit à l’évidence être partagée. Par ailleurs, en tant que Chef de la Composante droits de l’homme de la Mission de l’Union Africaine au Mali et au sahel, qui entreprend des activités de monitoring et de documentation des droits de l’homme au Mali, il était logique que nous puissions partager l’expérience acquise sur le terrain. Nous avons à cet égard montré l’importance de la documentation des violations dans la lutte contre l’impunité. Nous avons aussi précisé que l’objectif de la documentation ne devrait pas se limiter à la dénonciation des actes, mais aussi à la conception des meilleures perspectives de prise en charge des cas de violations, laquelle participe à la prévention des violations futures. 

II.                ACTIVITES EN QUALITE DE MEMBRE DU COMITE VIH/SIDA

20. Au cours de la période sous examen, nous avons pris part au séminaire organisé par le Comité VIH/SIDA.

-      Séminaire régional sur les principales questions affectant les femmes vivant avec le VIH/SIDA en Afrique, Dakar, 3-5 Octobre 2013

21.            Ce séminaire qui est une initiative conjointe du  Comité pour la protection des droits des personnes vivant avec le VIH, les personnes à risque, vulnérables et affectées par le VIH  et du mécanisme de la Rappoteure spéciale sur les droits de la femme en Afrique. Au cours de ce séminaire, des organisations travaillant dans le domaine des droits des femmes et du VIH ont engagé la discussion  sur les problèmes affectant les femmes vivant avec le VIH en Afrique, et ont pris des dispositions en vue de sensibiliser  toutes les parties prenantes, sur la pertinence de ces problèmes et sur la nécessité de les prendre en charge.

 

22.            Plusieurs thèmes ont été discutés allant des présentations théoriques sur le VIH SIDA et les droits de l’homme aux expériences pratiques sur les questions des droits des femmes vivant avec le VIH/SIDA notamment des pays comme la Tanzanie, la RDC, le Bénin, le Malawi, le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Une sensibilisation à l’utilisation des mécanismes de la Commission Africaine des droits de l’homme et des Peuples a été faite. A ce titre, il nous a été donné de présenter un aperçu sur la procédure des communications au sein de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Dans cette communication, nous avons présenté la procédure dans sa portée, ses intérêts et son importance pour la meilleure protection des droits de l’homme en général et ceux des personnes vivant avec le VIH en particulier.

23. A la fin des travaux un projet de résolution été rédigé pour soumission à la CADHP 

ACTIVITES DE LA RAPPORTEURE SPECIALE SUR LA SITUATION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME EN AFRIQUE

24. La Rapporteure Spéciale a entrepris d’Octobre 2012 à Avril 2013 des activités de promotion et de protection des droits de l’homme tels qu’instruites à l’article 45 de la Charte africaine et par la Résolution CADHP/Rés.202 (L) 11 du 5 novembre 2011 qui lui donne mandat. Les activités entreprises par la Rapporteure Spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme en Afrique se présentent comme suit :  

I.                   ACTIVITES DE PROMOTION

25. Au cours de la période sous examen, les activités de la Rapporteure Spéciale se sont traduites en des Séminaires, ateliers, conférences  et échanges avec les divers acteurs et à travers les rapports avec les Etats parties.

1-    Atelier sous-régional sur la protection des défenseurs des droits de l’homme, Bujumbura, Burundi 29-30 avril 2013

26. Sur invitation du Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique Centrale et de la Section droits de l’homme et justice du Bureau des Nations Unies au Burundi, le mécanisme a été  représenté  à l’atelier sous régional sur la Protection des défenseurs des droits de l’homme par notre Assistant, M. Claude Ndemeye. Plusieurs défenseurs des droits de l’homme du Burundi, du Cameroun, du Gabon, de la Guinée Equatoriale, de la République Démocratique du Congo, du Rwanda et du Tchad. L’objectif de cet  atelier était  de sensibiliser les participants au  rôle des défenseurs des droits de l’homme et  à l’importance de leur protection, aussi bien sur le plan national qu’à travers les réseaux des défenseurs des droits de l’homme au niveau sous régional et régional.

27. A ce titre, le bureau de la Rapporteure spéciale a  fait l’état des lieux de la situation des défenseurs des droits de l’homme en Afrique. Il a présenté, certains défis que les DDH  rencontrent dans leur mission en Afrique et  relevé qu’il était important qu’ils soient bien protégés par les mécanismes de la Commission Africaine des droits de l’homme en général et le mandat de la Rapporteure Spéciale en particulier. Ces défis sont entre autres ceux présenté dans le cadre de notre rapport de fin de mandat.

28. L’intérêt pour la Rapporteure spéciale à prendre part à une telle activité  réside dans le fait qu’il faut tirer parti de toutes les opportunités pour  promouvoir la Charte Africaine et la Commission africaine elle-même et ses mécanismes. L’occasion a été donnée aux participants d’être sensibilisés sur le fonctionnement de la Commission, l’octroi du statut d’observateur et les avantages de recourir au mandat de la Rapporteure Spéciale sur les défenseurs des droits de l’homme en Afrique ; sur les bonnes pratiques dans la protection des défenseurs des droits de l’homme ; sur la nécessité de la mise en place d’un cadre légal de protection des défenseurs des droits de l’homme dans chaque Etat. L’atelier a enfin servi de plate-forme  pour une sensibilisation des acteurs étatiques et non-étatiques sur  le contenu de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme.

2-    Réunion de validation du projet de rapport sur la situation des femmes défenseurs des droits de l’homme en Afrique, Cotonou, du 28 - 29 juin 2013

29. La CADHP, à travers la Rapporteure spéciale sur les droits des défenseurs des droits de l’homme en Afrique, a organisé du 28 au 29 juin 2013 à Cotonou au Benin une réunion de validation du projet de rapport sur la situation des femmes défenseures des droits de l’homme en Afrique. Ce projet de rapport a été élaboré conformément à la Résolution 230 adoptée en octobre 2012 par la Commission africaine, sur la nécessité de mener une étude relative à la situation des femmes défenseures des droits de l’homme en Afrique.

30. La Rapporteure spéciale sur les droits des défenseurs des droits de l’homme en Afrique,  et la Rapporteure spéciale sur les droits de la femme en Afrique, ont conduit cette réunion à laquelle ont pris part des représentantes des Organisations de la Société Civile œuvrant pour la promotion et la protection des droits des femmes défenseures des droits de l’homme et autres personnes ressources .

31. Un premier projet de rapport avait été conçu et discuté entre les experts et la Rapporteure Spéciale en marge de la 53ème Session de la Commission tenue à Banjul du 9 au 22 Avril 2013. Le rapport examine divers instruments relatifs aux droits de l’homme qui portent spécialement sur la protection des femmes défenseures des droits de l’homme, il regroupe les contributions des femmes défenseures des droits de l’homme et d’autre acteurs de la société civile. Il formule, par ailleurs, des recommandations à l’intention des États et des autres parties prenantes, sur la meilleure manière de mettre en place des mesures de protection efficaces en faveur des femmes défenseures des droits de l’homme.

32. Pendant  deux jours de travaux, le projet de rapport a été amendé, discuté et enrichi tant dans sa structuration que sur le fond. Ledit rapport sera  examiné par la Commission africaine pour son adoption au cours  de la présente session.

3-    Réunion du Groupe d’études sur la liberté d’association en Afrique, Cotonou, Bénin, 12 - 14 Août 2013

33. La Rapporteure spéciale  en collaboration avec l’International Center For Not-for-Profit Law et le Réseau Panafricain des  défenseurs des droits de l’homme. a organisé à Cotonou, au Bénin, du 12 au 14 août 2013, la deuxième réunion du Groupe d’étude sur la liberté d’association en Afrique. Cette réunion a été  organisée conformément à la résolution CADHP/ Res.151 (XLVI) 09 sur la nécessité de mener une étude sur la liberté d’association en Afrique, laquelle a mis en place un groupe d’études qui a pour mandat de répertorier et analyser  les lois qui régissent la liberté d'association en Afrique en vue de proposer des stratégies idoines en vue d’une meilleure prise en charge de la liberté d’association en Afrique.

34. Cette deuxième réunion a regroupé les réseaux sous- régionaux des défenseurs des droits de l’homme en Afrique et a eu pour objectifs d’examiner et valider le projet de rapport rédigé par le groupe d’étude qui s’était réuni en 2012 à Lomé, et également d’élaborer le projet de lignes directrices sur la liberté d’association et la liberté de réunion en Afrique. Le rapport du groupe d’étude sera soumis à la Commission africaine lors cette  54ème Session ordinaire.

4-    La 7ème Plate-forme de Front Line Defenders pour les défenseurs des droits de l’homme, 9-11 octobre 2013, Dublin, Irlande

35. Cette Plate-forme avait pour thème la « sécurité et la protection des défenseurs des droits de l’homme ». Elle a connu la participation de près de 145 défenseurs des droits de l’homme venus de 93 pays. Au cours de ces trois jours, il s’est agi de mener une analyse et mettre en évidence les réalités auxquelles sont confrontés les défenseurs des droits de l’homme dans leurs activités quotidiennes. La plateforme avait également pour objectif d’offrir à ces derniers une tribune de discussion, de témoignages et d’échanges d’expériences sur les bonnes pratiques pouvant contribuer à prévenir et minimiser les risques auxquels ils sont exposés.

36. A cette occasion, le Bureau de la Rapporteure Spéciale a été représenté par l’assistante, Mlle Tchamba Olivia qui a pu engager des échanges à l’échelle individuelle avec les défenseurs des droits de l’homme venus du continent Africain. A cet effet, des fiches informatives en français et anglais leur ont été distribuées, en vue d’améliorer leur connaissance sur le mécanisme et d’accroître les possibilités de son utilisation. Par ailleurs, Au cours de cette plateforme, de nombreux panels de discussion ont été menés, notamment celui relatif aux différents mécanismes régionaux de protection des défenseurs des droits de l’homme. Ceci a permis un échange d’informations et de pratiques avec le mécanisme européen et américain de protection des défenseurs des droits de l’homme.

37. Lors de travaux de groupe, les défenseurs ont eu a identifié les nouvelles menaces, les nouveaux phénomènes pouvant mettre en danger les défenseurs des droits de l’homme dans leurs pays respectifs. Il a été mentionné, entre autres, le terrorisme et la montée de l’intégrisme religieux, la stigmatisation des défenseurs des droits de l’homme, la répression par les législations et la crise économique et financière. Les défenseurs ont par la suite relevés des bonnes pratiques et émis des recommandations en matière de sécurité en vue d’améliorer la protection des défenseurs des droits de l’homme.

38. Cet espace de dialogue a contribué de manière directe à la promotion du mécanisme de la Rapporteure Spéciale sur les défenseurs des droits de l’homme auprès des participants.

II.                ACTIVITES DE PROTECTION

39. Au cours de la période sous examen, la Rapporteure Spéciale a été saisie de plusieurs cas de violations des droits des défenseurs des droits de l’homme. Elle a pris en charge ces cas à travers des communications et des communiqués de presse.

1-    Communications

40. La Rapporteure Spéciale a entretenu le dialogue avec sept (7) Etats  parties à la charte sur des allégations de violations des droits des défenseurs des droits de l’Homme dont elle a été saisie. Il s’agit de la République démocratique du Congo (4), du Kenya (2), du Cameroun (1), de l’Egypte (1), de l’Angola (1), du Zimbabwe (1) et du Soudan (1).

41. Les violations ont porté indifféremment sur des cas d’atteintes à la vie, à l’intégrité physique, les arrestations arbitraires, les menaces, les harcèlements judiciaires, les interdictions de manifester, de se réunir et de publier des documents. 

42. Les détails de ces échanges sont disponibles dans le rapport de fin de mandat de la Rapporteure Spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme en Afrique qui sera  présenté  au cours de la présente session.

2-      Déclarations et Communiqués de presse

43. Au cours de la période sous examen, nous avons publié, le 26 Juillet 2013, une déclaration conjointe avec la Rapporteure Spéciale sur les droits des femmes en Afrique en rapport avec l’arrestation et les mauvais traitements subis par des femmes défenseures des droits de l’homme au Soudan.

 

44. Pendant la même période, nous avons produit deux communiqués de presse portant respectivement sur l’assassinat du défenseur des droits de l’homme camerounais, Eric Ohena Lembembe (le 26 Juillet 2013) et celui de Mohamed Brahmi, député et opposant politique tunisien (le 31 Juillet 2013).

 

 ANALYSE DE LA SITUATION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME

I. Conclusion

45. La situation des droits des défenseurs des droits de l’homme en Afrique telle qu’elle se présente au cours de l’intersession reste  préoccupante. Les défenseurs des droits de l’homme continuent, malgré les efforts de sensibilisation auprès des Etats sur l’importance de leur travail,  à faire face à des défis énormes. Ces défis tournent entre autres autour de la méconnaissance quasi-systématique de leurs droits à l’expression  de se réunir, de leur liberté de mouvement. La Rapporteure spéciale a relevé au cours de l’intersession 4 cas d’atteintes à la vie sans préjudice de nombreux autres relatifs à l’atteinte à l’intégrité physique. Si les cas de Mohamed Brahmi en Tunisie et d’ Eric Ohena Lembembe au Cameroun ont fait l’objet de publication de communiqué de presse, deux autres cas sur  la République Démocratique du Congo et le Kenya ont été traités dans le cadre des communications avec les Etats Parties.

46. La recrudescence de ces atteintes et la constance des pratiques criminalisant les activités des défenseurs des droits de l’homme méritent beaucoup d’attention  de la part du  mandat et justifie sans doute les actions d’alertes et de dialogue qui sont menées   à l’endroit des Etats et les activités de sensibilisation avec la société civile et d’autres acteurs non-étatiques. La Commission devrait se pencher plus intensément sur les cas les plus extrêmes et accompagner les Etats dans l’amélioration de leurs cadres de protection des droits des défenseurs des droits de l’homme. D’où l’accent que nous avons mis sur la nécessité de finaliser les rapports sur la situation des femmes défenseurs des droits de l’homme en Afrique et la liberté d’association qui constitue le socle du travail des Défenseurs des droits de l’homme en Afrique et dont la restriction est le plus souvent le moyen le plus usité par les Etats pour en limiter les effets. Nous espérons que l’adoption de ces outils permettra d’assurer une plus grande visibilité des actions de la Commission en leur faveur et aura un effet dissuasif.

47. La Rapporteure Spéciale a poursuivi la publication de la lettre de la Rapporteure. Ce  9ème numéro qui a porté sur le thème : «  Défendre les défenseurs des droits de l’homme »reprend celui du n°  N°8. Cet état de chose  se justifie par le fait que  la Commission Africaine devrait continuer de rechercher des stratégies idoines pour une protection adéquate des DDH dans la mesure où ceux-ci aident à sa  mission de promouvoir et de protéger les droits de l’homme. Ceci a été  reconnu à travers les lignes précédentes.  Les moyens dont disposent la Rapporteure Spéciale pour pallier cette situation, notamment le dialogue avec les Etats et la coopération avec les DDH sont très limités. L’absence de suivi des premiers cités et le manque des moyens des seconds constituent des freins sérieux à l’efficacité du  mécanisme, malgré les efforts et la volonté qui y sont mis.

48. A titre d’exemple, la coopération entre les Etats et la Rapporteure Spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme a été faible durant la période sous examen. Aucune des communications adressées par la rapporteur spéciale n’a fait l’objet de suivi. Toute chose qui annihile les efforts jusque-là consentis pour améliorer la situation des défenseurs des droits de l’homme en Afrique.

49. En conclusion, les activités de promotion et de protection des droits de l’homme s’exercent dans un environnement peu aisé, et les défis pour la mise en œuvre du mandat sont énormes. Cependant,  La collaboration des réseaux des défenseurs des droits de l’homme ainsi que la volonté de la Commission de toujours exécuter son mandat, et  les efforts de toutes les organisations de la société civile accompagnent à bon escient le mandat.  

II. Recommandations                                            

50. Au regard de l’analyse de la situation des défenseurs des droits de l’homme que nous venons de présenter et des conclusions que nous en tirons, nous recommandons:

-          Aux Etats Parties 

·         De s’abstenir de toutes pratiques concourant à la violation des droits des défenseurs des droits de l’homme ;

·         De mettre en œuvre leurs obligations internationales en matière des droits de l’homme pour rendre effectifs les droits des défenseurs des droits de l’homme;

·         De collaborer effectivement avec le mécanisme de la Rapporteure spéciale sur les défenseurs des droits de l’homme en Afrique, notamment en donnant suite aux communications et Notes Verbales qui leur sont adressées ;

-          Aux organisations de la société civile

·         D’accompagner les Etats à travers le dialogue constructif dans la mise en œuvre de leurs obligations en matière des droits de l’homme ;

·         De coordonner les activités de la société civile afin d’en faire un outil de promotion et de protection des droits de l’homme ;

·         D’accroître les opportunités de coopération avec le mécanisme de la Rapporteure Spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme en Afrique;

 

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