+220 441 05 05-6 | au-banjul@africa-union.org

Commission africaine des
droits de l'homme et des peuples

La Rapporteure Spéciale sur la situation des Défenseurs des droits de l’homme en Afrique est vivement préoccupée par la détérioration dramatique de la situation des droits de l’homme en République du Burundi.


Alors qu’elle venait d’apprendre que le nommé Welly Fleury Nzitonda, fils du défenseur des droits de l’homme burundais Pierre Claver Mbonimpa a été arrêté par la police et conduit à une destination inconnue, c’est avec consternation qu’elle vient d’être informée  de l’assassinat de ce jeune homme. 

La Rapporteure Spéciale condamne fermement cet assassinat crapuleux et exige que les auteurs soient identifiés et punis conformément aux textes nationaux et internationaux.

Il faut rappeler  que cet assassinat arrive au dernier jour de l’ultimatum donné par le Président de la République Pierre Nkurunziza, demandant aux opposants  au pouvoir de rendre leurs armes. Depuis cette déclaration du 2 Novembre 2015, des milliers d’habitants des quartiers dits « contestataires » de la capitale ont pris la fuite de peur d’être visés par les forces de sécurité burundaises.

Depuis plusieurs mois, la Rapporteure Spéciale a constaté une série d’attaques systématiques contre des défenseurs, leurs organisations et leurs familles. Le 9 Octobre 2015, le gendre de Pierre Claver Mbonimpa a été assassiné à Bujumbura par deux hommes qui l’ont attaqué avec des grenades. Le 3 Août 2015, Pierre Claver Mbonimpa a lui-même été blessé grièvement, une attaque que la Rapporteure Spéciale avait déjà fermement condamnée.

La Rapporteure spéciale suit avec beaucoup d’attention la situation au Burundi. Elle déplore la montée de violence au Burundi et les assassinats ciblés des défenseurs des droits de l’homme ou des membres de leurs familles. 

L’incitation à la haine, ainsi que la rhétorique divisionniste employée par le pouvoir est extrêmement dangereuses et contraires à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. La communauté internationale, tout particulièrement les dirigeants Africains, ont la responsabilité de protéger les populations civiles dans les situations où l’Etat est manifestement incapable ou indisposé à le faire, comme c’est le cas du Burundi aujourd’hui.

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine et le Conseil de sécurité des Nations Unies doivent agir de toute urgence pour empêcher une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire au Burundi et protéger les civils des attaques menées par les forces armées.

La Commission Africaine des droits des hommes et des peuples réitère la profonde préoccupation exprimée par le Conseil de Paix et Sécurité de l’Union Africaine lors de sa 551èmeRéunion à Addis Abéba, en Ethiopie, le 17 Octobre 2015. La Commission prépare actuellement le lancement d’une enquête approfondie sur les violations des droits de l’homme et autres exactions contre les populations civiles au Burundi, mandatée par le Conseil de Paix et Sécurité de l’Union Africaine.

 

6 Novembre 2015 – Banjul