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Commission africaine des droits de l'homme et des peuples

Communique de presse sur la liberation des prisonniers politiques au Cameroun


La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, particulièrement le Commissaire en charge de la promotion et de la protection des droits de l’homme en République du Cameroun, l’Honorable Commissaire Rémy Ngoy Lumbu et de la Rapporteure Spéciale sur les Prisons, les Conditions de Détention et l’Action Policière en Afrique, l’Honorable Commissaire Maria Teresa Manuela, a été informée de la décision du Président Paul Biya de libérer 103 personnes, arrêtées pour avoir contesté les résultats de la présidentielle de 2018, dont Mr Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Une décision rendue le samedi 5 octobre, après huit mois de détention dans les prisons camerounaises.

La Commission a également été informée de l’annonce de l'arrêt des poursuites judiciaires contre quelques responsables et militants de Partis Politiques, notamment ceux du MRC.

Pour rappel, Mr Maurice Kamto et près de 200 personnes avaient été arrêtés suite aux manifestations organisées le 26 janvier 2019, envue de contester les résultats de l’élection présidentielle d’octobre 2018 rendus par le Conseil Constitutionnel, dénoncerles violations des droits de l’homme en cours au Cameroun, particulièrement dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que la corruption généralisée.

La manifestation était marquée par des répressions policières excessives, faisant de nombreux blessés et par l’arrestation et la détention de plus de 200 membres des Partis d’opposition camerounais dans les principales villes du pays. 

La Commission ayant saisi les autorités Camerounaises par voie diplomatique et fait part de sa profonde préoccupation par des communiqués des presses, exprime sa vive satisfaction pour le dénouement heureux de la situation et espère que ces efforts de conciliation vont se poursuivre afin de résoudre la situation des droits de l’homme au Cameroun qui demeure préoccupante notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

La commission accueille favorablement les conclusions du Dialogue National et encourage les différentes parties à le poursuivre afin de trouver une solution définitive et restaurer la paix et l’unité au Cameroun.

La Commission saisit cette occasion pour réitérer sa demande et sa disponibilité pour effectuer une mission générale de promotion des droits de l’homme en République du Cameroun afin de renforcer son dialogue avec les autorités gouvernementales et toutes les autres parties prenantes.

Banjul 11 octobre 2019