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Commission africaine des droits de l'homme et des peuples

Communique de presse sur la mort de 60 migrants Gambiens au large des côtes Mauritaniennes


La Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (la Commission) est attristée par la mort de 60 migrants gambiens après le naufrage de leur bateau au large des côtes mauritaniennes le 4 décembre 2019.

Le bateau aurait quitté Barra, région de la rive nord de la Gambie, le 27 novembre pour les îles Canaries, transportant au moins 150 personnes, dont des femmes et des enfants, avant de chavirer près de Nouadhibou (Mauritanie). 60 Gambiens ont péri tandis que d'autres ont nagé jusqu'à la côte mauritanienne.

La Commission présente ses sincères condoléances aux familles endeuillées et exprime sa solidarité avec le Gouvernement et le peuple gambiens pendant cette période difficile.

Il est important de rappeler que la Commission avait échangé avec le gouvernement gambien sur la question de la migration illégale selon son rapport sur sa mission de promotion en Gambie en 2017. La Commission a souligné la nécessité de s'attaquer aux causes sous-jacentes de l'immigration clandestine, autrement connue sous le nom de "passer par la porte de derrière", qui fait des victimes parmi les jeunes Gambiens en Méditerranée et dernièrement sur une nouvelle voie l'océan atlantique.Elle a également formulé des recommandations visant à endiguer le problème, notamment par la sensibilisation.

La Commission salue la création, par le gouvernement, du Centre national de coordination centralisée chargé de faire face à ce type d'urgence et d'avoir lancé une "enquête de police complète pour faire toute la lumière sur cette grave catastrophe nationale".

La Commission réitère également ses recommandations et exhorte le Gouvernement à prendre des mesures concrètes afin de dissuader les Gambiens, en particulier les jeunes, de s'engager dans cette aventure périlleuse qui met leur vie en danger.

La Commission invite la CEDEAO, l'Union africaine et la Communauté internationale à poursuivre leurs efforts concertés dans la lutte contre la migration irrégulière des jeunes Africains vers l'Europe, en vue de trouver des solutions durables aux causes profondes de ce problème.

La Commission reste saisie de la question.

 

Banjul, le 12 décembre 2019