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Commission africaine des droits de l'homme et des peuples

Communique de presse sur les elections presidentielles au Togo


La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples accueille favorablement l’organisation prochaine des élections présidentielles au Togo prévues pour le 22 février 2020. Elle saisit cette occasion pour formuler le souhait de voir celles-ci se dérouler dans un climat de paix et de sécurité afin de permettre au peuple togolais d’exercer librement son droit souverain de choisir ses dirigeants en toute indépendance.

A cet égard, elle voudrait rappeler son mandat de promotion et de protection des droits de l'homme et des peuples en Afrique en application de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples (la Charte africaine), particulièrement le droit garanti par l’article 13 de la Charte africaine à tous les citoyens de participer librement à la direction des affaires publiques de leur pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis, ce, conformément aux règles édictées par la loi

A l’occasion de l’élection présidentielle à venir en République du Togo, elle rappelle ses résolutions sur le processus électoral sur les élections et la participation aux affaires publiques en Afrique, notamment, CADHP/RES.433(LXV)2019 ;ACHPR/RES.23(XIX)1996;ACHPR/RES.184(EXT.OS/IX)2011;ACHPR/RES.232(EXT.OS/XIII)2013 ; ACHPR/RES.239(EXT.OS/XIV)2013 ; ACHPR/RES.272(LV) 2014 ; ACHPR/RES.293(EXT.OS/XVII)2015 et CADHP/RES. 331(EXT.OS/XIX) 2016 .

Tout en insistant sur l’importance des élections pacifiques, libres et transparentes, et sur le respect total des résultats pour le maintien de la paix et de la sécurité sur le territoire, laCommission invite les autorités togolaises ainsi que tous les acteurs impliqués dans l’élection présidentielle qui se tiendra ce samedi 22 février 2020 de (d’) :

  • Créer les conditions propices pour garantir l'organisation d'élections pacifiques, libres, équitables et transparentes, afin de permettre aux citoyens d’exercer leur droit de vote dans un environnement libre de toute intimidation, violence ou autre entrave ;
  • Prendre des mesures positives spécifiques à l’effet de promouvoir la gouvernance participative et la représentation équitable des femmes au scrutin ;
  • Faciliter la participation des personnes handicapées par la mise en place des aménagements raisonnables et d’autres formes d’assistance conformes au caractère secret du vote, l’accessibilité aux bureaux de vote et le vote assisté ;
  • Garantir que tous les Partis politiques participant aux élections, en particulier les Partis d’opposition, soient autorisés à mener librement leur campagne ; 
  • Veiller à ce que les citoyens exercent leur droit de vote dans un environnement pacifique, libre de toute intimidation et de toute violence ;
  • Demander aux Partis politiques de veiller à ce que leurs partisans n'engagent pas ou n'incitent pas à engager des actes de violence, avant, pendant ou après les élections ;
  • Autoriser la participation d’observateurs électoraux (nationaux et internationaux) pour assurer le suivi de l’intégralité du processus électoral et en garantir ainsi la crédibilité ;
  • Prendre toutes les mesures de prévention, d’enquête et de poursuite de violations des droits de l’homme qui surviendraient pendant la période électorale et offrir des recours adéquats aux victimes.

Banjul 20 février 2020

Commissaire Rémy Ngoy Lumbu

Vice- Président de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et Commissaire en charge de la promotion et la protection des droits de l’homme en République du Togo