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Commission africaine des droits de l'homme et des peuples

Communiqué de presse sur l’impact du virus COVID-19 sur les populations autochtones en Afrique


Le Groupe de travail sur les droits des populations autochtones en Afrique (Le Groupe de travail), mécanisme spécial de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (Commission africaine),suit avec attention la situation de l’épidémie du COVID-19 en Afrique.

Le Groupe de travail est préoccupé par la propagation de la pandémie du COVID-19 sur le continent compte tenu du nombre de cas qui ne cesse d’augmenter dans de nombreux pays. Selon le récent Briefing hebdomadaire du Centre Africain de Prévention et de Contrôle des Maladies (le CDC Africa) sur la pandémie de la maladie à Coronavirus (COVID-19),  près de 25 000 cas ont été signalés dans 52 pays africains, dont plus de 1000 décès.

Le Groupe de travail est en outre préoccupé par les conditions de précarité dans lesquelles vivent la majorité des populations autochtones en particulier les femmes autochtones, notamment l’extrême pauvreté, le manque d’eau potable, de logements et de toilettes décents, ce qui pose un réel problème d’hygiène et de santé constituant ainsi un risque réel de propagation du COVID-19.

Le Groupe de travail est soucieux également de l’inaccessibilité des populations/communautés autochtones aux services de santé en raison du manque de ressources et de l’éloignement des centres de santé ainsi que l’inadaptation des politiques sanitaires nationales au mode de vie autochtone.

Le Groupe de travail note que les réponses apportées par certains Etats au COVID-19 ont un impact disproportionné sur les Populations autochtones, notamment la fermeture des marchés dans les communautés autochtones qui réduit leurs moyens de subsistance ainsi que les restrictions de mouvement qui entravent leurs activités pastorales.

Le Groupe de travail rappelle auxEtats Parties  leurs obligations en vertu de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, en l’occurrence le droit à la santé prescrit par l’article 16. Elle invite les Etats ayant des populations/communautés autochtones sur leurs territoires à prendre toutes les mesures idoines en vue de la protection des communautés autochtones contre la contamination du COVID-19 par une bonne prévention en raison de leur vulnérabilité.

Le Groupe de travail exhorte les Etats parties à tout mettre en œuvre pour garantir aux populations autochtones, l’accès aux informations relatives aux mesures de prévention de la propagation du COVID-19 en les traduisant dans les langues autochtones locales ou en utilisant des moyens de communications qui leur sont accessibles. Il les exhorte en outre à prendre des dispositions nécessaires en vue d’assurer la santé et le bien-être des groupes vulnérables, y compris les populations/communautés autochtones en facilitant leur accès à l’eau potable, savon et désinfectants, structures de santé accessibles et adaptées et autres services sociaux de base.  

Le Groupe de travail exhorte les Etats parties concernés à prendre en considération le mode de vie des populations autochtones dans toutes les décisions prises pour la prévention et la lutte contre le COVID-19 en vue de répondre à leurs besoins spécifiques pour une lutte stratégique contre cette épidémie au sein des populations/communautés autochtones. Il les appelle à impliquer les représentants des populations/communautés autochtones en vue d’obtenir leur consentement préalable, libre et éclairé dans la prise de décisions et de mesures les concernantpour le COVID-19. 

Le Groupe de travail exhorte en outre les Etats-Parties à s'assurer que la riposte au COVID-19 soit élaborée et mise en œuvre dans le respect des droits fondamentaux de l’Homme et qu'elle ne mène pas à la persécution et à des violences à l'encontre des personnes vulnérables notamment les populations autochtones.

Le Groupe de travail réaffirme enfin les principes et recommandations formulés par la Commission dans son Communiqué de presse du 28 février 2020 sur la crise du coronavirus (COVID-19) et dans sa déclaration du 24 mars 2020 sur une réponse efficace fondée sur les droits de l'homme au nouveau virus COVID-19 en Afrique.

 

Honorable Commissaire Soyata Maiga

Présidente du Groupe de travail sur les populations/communautés autochtones en Afrique.