+220 441 05 05-6 | au-banjul@africa-union.org

Commission africaine des
droits de l'homme et des peuples

Communiqué de presse sur l’arrestation et la détention arbitraires de 21 défenseurs des droits des personnes LGBT+ au Ghana


Le Rapporteur Spécial sur les défenseurs des droits de l’homme et point focal sur les représailles en Afrique, l’Honorable Commissaire Rémy Ngoy Lumbu, a appris, avec préoccupation, l’arrestation par la police ghanéenne de 21 défenseurs des droits de l’homme, dont 16 femmes et cinq hommes, le 20 mai 2021, alors qu’ils suivaient une formation para-juridique pour la protection des droits humains des minorités sexuelles à Ho, au Ghana. Ils auraient été placés en garde à vue par le Tribunal du district de Ho et inculpés pour réunion illégale sur la base de l’article 202 du Code pénal ghanéen. Depuis, leurs requêtes de libération sous caution auraient été rejetées.

Le Rapporteur Spécial condamne vigoureusement ces arrestations qui portent atteinte à la liberté d'expression, de réunion et d'association consacrée par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples en ses articles 9, 10 et 11 et dont l’article 2 garantit à toute personne la jouissance de ces droits et libertés « sans discrimination aucune ».

Le Rapporteur Spécial réitère son appui inconditionnel aux Défenseurs des droits de l’homme en Afrique et souligne l’importance de leur rôle dans la protection et la promotion des droits des personnes et communautés vulnérables et marginalisées, dont les droits des minorités sexuelles sur le Continent.

Le Rapporteur Spécial rappelle à la République du Ghana ses engagements en vertu de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Il l’exhorte, également, au respect de la résolution N° CADHP/ Rés. 275 (LV) de 2014 sur la protection contre la violence et d'autres violations des droits humains de personnes sur la base de leur identité ou orientation sexuelle réelle ou supposée.

Le Rapporteur Spécial demande, que les droits à la défense des personnes arrêtées soient respectés et qu’elles soient remises en liberté sous caution dans l’attente de leur procès en vertu du principe de la présomption d’innocence.

Le Rapporteur Spécial reste saisi de cette affaire.

Banjul, le 9 juin 2021

 

Prof. Rémy Ngoy Lumbu

Vice-Président de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples

Rapporteur Spécial sur les défenseurs des droits de l’homme et point focal sur les représailles en Afrique