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Commission africaine des
droits de l'homme et des peuples

Déclaration du Groupe de Travail sur les droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées en Afrique de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples à l’occasion de la Journée Mondiale des Sourds


Le Groupe de Travail sur les droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées en Afrique (le Groupe de Travail) de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (la Commission Africaine), conformément à son mandat, tel que contenu dans la Résolution CADHP/Res.143(XXXXV)09 relative à la Transformation du Point Focal sur les Droits des Personnes Agées en Afrique en Groupe de Travail sur les Droits des Personnes Agées et des Handicapés en Afrique, a le plaisir de s'associer à la Communauté Internationale pour célébrer ce 24 septembre 2022 la Journée Mondiale des Sourds.

Au lendemain de la célébration de la journée internationale des langues des signes dont l’édition de cette année est placée sous le thème « La langue des signes pour tous ! », la célébration de la journée mondiale des sourds est une occasion de sensibiliser, une fois par an, sur cette catégorie de handicap dont souffre une partie de la population mondiale.

Célébrée le 4ème samedi du mois de septembre chaque année, la Journée Mondiale des Sourds de cette année se commémore ce 24 septembre 2022.

A ce propos, est qualifiée de sourde, une personne privée du sens de l'ouïe ou atteinte d'une baisse (unilatérale ou bilatérale) de l'audition qui l’empêche d'entendre certains sons. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un handicap visible, les personnes sourdes sont, néanmoins, classées dans la catégorie des personnes vivant avec un handicap à cause des limitations que leur impose cette incapacité à pleinement jouir de leur audition.

Cette journée est donc l’occasion, pour le Groupe de Travail, d’également, sensibiliser d’une part sur la surdité et d’autre part sur la langue des signes.

En effet, cette célébration offre l’opportunité d’analyser les mesures de facilités et d’adaptation adoptées pour promouvoir la jouissance de leurs droits par les personnes atteintes de surdité et par la même occasion, d’encourager les progrès accomplis dans ce domaine par certains Etats-parties à la Charte Africaine, afin de formuler éventuellement les recommandations appropriées.

Malgré la catégorisation des personnes sourdes comme des personnes vivant avec un handicap et l’institutionnalisation de la langue des signes pour contourner les défis auxquels cette catégorie de personnes est confrontée, force est de constater que très peu d’Etats institutionnalisent la garantie et l’effectivité des mesures nécessaires à l’épanouissement des personnes sourdes. Cette situation plonge, bien nombre de fois, ces personnes dans une discrimination, une stigmatisation voire une exclusion sociale en raison de leur différence et de leur inaptitude à pouvoir communiquer en usant des canaux de langages dit « traditionnels » ; ce qui peut conduire à la violation de leurs droits fondamentaux.

Le défi à relever en vue de la protection des personnes sourdes est toujours aussi important. Ceci explique l’intérêt pour le Groupe de Travail de se joindre à la célébration de cette journée.

Cependant, à côté de ce tableau qui semble sombre, il y a lieu de féliciter la République Démocratique du Congo pour la récente introduction de la langue des signes dans le processus électoral.

Le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits des Personnes Handicapées en Afrique est applicable aux personnes sourdes et assure la protection de leur droit ; d’où l’urgente nécessité des ratifications de ce Protocole pour son entrée en vigueur.

A cette occasion, le Groupe de Travail appelle :

i. Les Etats n’ayant pas encore ratifié le Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, relatif aux Droits des Personnes Handicapées en Afrique à le faire et à prendre les dispositions appropriées pour son efficace mise en application ;

ii. Les Etats Parties à la Charte Africaine à adopter et à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre la protection des personnes sourdes ;

iii. Les Etats Parties à adopter des plans d’actions nationaux visant l’intégration de la langue des signes comme l’une des langues nationales ;

iv. Les Etats parties à intégrer dans les rapports soumis à la Commission en application de l’article 62 de la Charte Africaine, des informations sur la situation des personnes sourdes, en particulier sur les bonnes pratiques de protection et de promotion des droits de cette catégories de personnes ;

v. Les Etats parties à promouvoir les initiatives bilatérales, régionales et internationales visant à promouvoir les droits des personnes sourdes ;

vi. Les mécanismes spéciaux de la Commission Africaine à prendre en charge, dans le cadre de leurs mandats respectifs, les aspects pertinents touchant à la sécurité et à la non-discrimination des personnes sourdes ;

vii. Toutes parties prenantes à poursuivre les plaidoyers auprès des autorités étatiques pour la ratification du Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, relatif aux Droits des Personnes Handicapées en Afrique ;

viii. Toutes les parties prenantes à initier davantage de campagnes de sensibilisation sur les droits des personnes sourdes pour favoriser leur intégration dans la vie sociale ;

ix. Les Organisations de la Société Civile à promouvoir les cadres d’échanges à l’égard des personnes sourdes et malentendantes ;

Banjul, 24 septembre 2022